L'articolo in breve
Le cerf 50 cors fascine chasseurs et collectionneurs, entre mythes néo-zélandais et légendes européennes authentiques.
- Des cerfs exceptionnels portant 50 à 80 cors existent réellement en Nouvelle-Zélande, dans des fermes d’élevage spécialisées pratiquant la sélection génétique intensive
- Vincent, légende française de la forêt de Chaux, portait 24 cors et représentait l’un des plus grands cerfs d’Europe, surnommé « le fantôme » pendant 17 saisons
- Les bois de cervidés varient considérablement en qualité : l’élaphe européen reste poreux tandis que l’Indian Sambar stag asiatique atteint des prix élevés
- Tensions contemporaines opposent chasseurs et Office National des Forêts sur la gestion des populations, l’ONF réclamant 42% de prélèvements supplémentaires
Je vais vous parler aujourd’hui d’un sujet qui captive autant qu’il intrigue dans le monde cynégétique : le cerf aux dimensions hors normes. Dans mon armurerie, j’entends régulièrement des histoires de chasseurs évoquant des animaux exceptionnels, et le concept du cerf 50 cors revient souvent dans les conversations. Entre légendes urbaines et réalités biologiques, je vous propose d’analyser ce phénomène qui mélange mythes ancestraux et pratiques modernes de chasse. Spoiler : ce n’est pas ce que vous croyez.
Quand la nature dépasse la fiction : réalité du cerf 50 cors
Permettez-moi de vous révéler quelque chose qui vous surprendra peut-être. Les cerfs portant réellement 50 cors existent bel et bien, mais pas là où vous l’imaginez. Ces spécimens exceptionnels se trouvent principalement en Nouvelle-Zélande, dans des fermes de chasse spécialisées. Ces établissements ont développé une approche assez particulière de la gestion cynégétique.
Des élevages spécialisés aux antipodes
Ces cerfs néo-zélandais n’ont plus grand-chose à voir avec nos élaphes européens. Ils sont génétiquement sélectionnés et nourris pour atteindre des proportions impressionnantes. Certains spécimens arborent des trophées atteignant 50 à 80 cors, voire davantage. J’ai même eu l’occasion d’observer des photos de ces animaux dans ma boutique, apportées par des clients américains revenus de là-bas. C’est spectaculaire, je vous l’assure.
Ces fermes se divisent en deux catégories distinctes : celles qui élèvent des cerfs pour leurs bois prélevés en velours, matière prisée par les marchés asiatiques, et celles destinées à organiser des journées de chasse. Les chasseurs peuvent également prélever d’autres espèces comme le tahr ou le chamois. Pour ceux qui recherchent les fusils de chasse les plus adaptés à ce type de gibier, le calibre doit être choisi avec soin.
Une légende française nommée Vincent
Comparons maintenant avec nos cerfs européens. Vincent, le cerf emblématique de la forêt de Chaux dans le Jura, portait « seulement » 24 cors à son apogée. Pourtant, il était considéré comme l’un des plus grands cerfs d’Europe. Cet animal d’une vingtaine d’années a survécu dix-sept saisons de chasse sans une égratignure.
J’ai suivi son histoire avec passion pendant des années. Vincent était surnommé « le fantôme » pour sa faculté de dissimulation remarquable. Il se cachait dans les sous-bois du massif de Chaux, à une cinquantaine de kilomètres de Besançon. Les chasseurs locaux avaient compris l’intérêt de le laisser vieillir, une décision sage selon moi. Il était toujours accompagné d’un autre cerf appelé « le gros douze », probablement pour déjouer les pièges tendus.
Le défi des photographes et collectionneurs
Trouver les bois de Vincent constituait un véritable Graal pour les collectionneurs. Dès février, des dizaines de personnes partaient à la recherche de ces mues perdues. Gérard Georgeon, collectionneur possédant plus de 500 bois, n’a trouvé ceux de Vincent que deux fois. En 2010, il a découvert une partie coupée par la balle d’un chasseur, mais l’animal avait survécu.
| Type de cerf | Nombre de cors maximum | Origine géographique |
|---|---|---|
| Élaphe européen classique | 14-20 cors | Europe |
| Vincent (légende française) | 24 cors | Forêt de Chaux, Jura |
| Cerfs de ferme néo-zélandais | 50-80 cors | Nouvelle-Zélande |
La valeur insoupçonnée des bois de cervidés
Dans mon métier d’armurier, je travaille régulièrement avec des matériaux nobles pour confectionner des manches de couteaux. Le bois de cerf représente un choix prisé, mais tous ne se valent pas. Permettez-moi de vous expliquer pourquoi cette différence existe.
Qualité variable selon les espèces
Les bois de cerfs européens sont souvent poreux et de médiocre qualité comparés aux variétés asiatiques. Le bois de cerf est comme de l’os, creux au milieu. Les bois d’élaphe français nécessitent souvent d’être remplis de résine pour une utilisation optimale. Le meilleur bois, très cher, reste l’Indian Sambar stag, quasi plein et inégalable.
Voici ce que je recherche personnellement dans un bon bois de cerf :
- Un poids significatif indiquant une densité satisfaisante
- Des perlures bien marquées sur la surface
- Une couleur sombre et uniforme
- Des andouillers bien rectilignes facilitant le travail
- Une épaisseur périphérique d’au moins 5 mm pour éviter la porosité excessive
Le prix moyen d’un bois de 5 cors devrait tourner autour de 20 euros. Cinquante euros est considéré comme excessif. Si vous pratiquez la chasse au sanglier, vous savez que l’équipement représente un investissement conséquent, alors autant optimiser vos choix.
Entre art et conservation
Estelle Rebottaro, artiste originaire du Berry, illustre parfaitement cette fascination artistique pour les grands cerfs. Cette autodidacte de 35 ans qualifie son travail de « dessin aquarellé » et a remporté la médaille d’Or au Salon des Artistes Animaliers en 2011. Elle a notamment créé « Le rouge », une œuvre de 40 x 50 cm illustrant l’édition du célèbre roman « La Dernière Harde » de Maurice Genevoix.
La faune solognote a sa prédilection, du pic épeiche au grand cerf. Elle aime représenter les animaux en portrait, seuls dans la nature, sans trace de l’homme. Après quatre ans passés à Londres, elle est revenue à Bourges, ayant besoin d’espace et de nature pour nourrir son inspiration.
Tensions contemporaines autour de la gestion cynégétique
Vincent incarnait les tensions entre chasseurs de grand gibier du Jura et l’Office National de la Forêt concernant la population de cervidés de la forêt de Chaux. Les 22 000 hectares de ce massif sont considérés comme trop peuplés de cervidés par l’ONF, qui met la pression pour accroître les prélèvements.
L’ONF a demandé aux détenteurs des baux domaniaux un accroissement de 42% des prélèvements pour la saison 2023-2024. Cette demande a suscité l’incompréhension de nombreux chasseurs craignant un effondrement des effectifs. L’année dernière, le plan prévoyait l’abattage de 324 cervidés, et 303 ont finalement été prélevés. Etienne Delanoy, directeur jurassien de l’ONF, explique qu’on tente de favoriser les chênes car les hêtres traversent une période difficile.
Didier Parisot, fervent défenseur des grands cerfs, estime qu’il ne reste quasiment plus de spécimens exceptionnels. Son père chasseur a tué un cerf aux mensurations exceptionnelles dans les années 70, un record de France exposé au musée de la Chasse à Paris. Il a créé une page Facebook pour préserver ces animaux remarquables.
Présent depuis le paléolithique dans ce massif, le cerf a progressivement disparu dans la seconde moitié du XXe siècle avant d’être réintroduit dans les années 50 puis 70 par la fédération de chasse. Cette histoire illustre parfaitement les défis de cohabitation entre activités humaines et préservation de la faune sauvage.
Pour en savoir plus sur les armes et la chasse, consultez le wiki armi.


