Officier de police examine des armes saisies sur table

Damiano

Catégorie C d’arme : définition et réglementation

L'articolo in breve

L’article en bref : Les armes de catégorie C sont soumises à déclaration obligatoire auprès des autorités françaises, constituant un juste milieu entre interdiction et autorisation préalable.

  • Définition : Fusils de chasse, carabines à verrou et armes à air comprimé dépassant 20 joules, classées en plusieurs sous-catégories précises (C1-a à C12)
  • Conditions d’accès : Majorité requise, casier judiciaire vierge, permis de chasse ou licence sportive valide, création obligatoire d’un compte SIA
  • Conservation : Stockage en coffre-fort, smontaggio parziale ou dispositif de blocage obbligatorio, munitions rangées séparément
  • Sanzioni : Détention sans déclaration : 2 ans d’emprisonnement e 30 000 € d’amende maximum ; modifications de catégorie : 5 ans et 75 000 €

Vous entrez dans mon armurerie pour la première fois, les yeux grands ouverts devant le râtelier. La question qui revient presque à chaque visite : « Mais c’est quoi exactement une arme de catégorie C ? » Bonne nouvelle, c’est justement ce qu’on va démêler ensemble, sans jargon inutile.

Qu’est-ce qu’une arme de catégorie C : définition et place dans la classification

La catégorie C désigne les armes soumises à déclaration obligatoire auprès des autorités. Ce n’est ni la liberté totale, ni l’autorisation préalable. C’est le juste milieu. Pour situer : les armes de catégorie A sont strictement interdites (fusils d’assaut militaires, etc.), la catégorie B réclame une autorisation du préfet, et la catégorie D couvre les armes en vente libre pour les majeurs. La catégorie C, elle, se déclare, mais ne s’autorise pas au sens strict.

Le fondement juridique de tout ça, c’est le Code de la sécurité intérieure, complété par la directive européenne 91/477/CEE qui harmonise les règles entre pays membres. La grande réforme date du 6 mars 2012 : cette loi a pas mal bougé les lignes, renvoyant beaucoup d’armes semi-automatiques en catégorie B. Résultat, la catégorie C est devenue plus resserrée.

Qu’est-ce qu’on trouve concrètement dans cette catégorie ? Essentiellement des fusils de chasse, des carabines à verrou, des armes à air comprimé dépassant 20 joules à la bouche, et même certaines armes historiques fabriquées avant 1900. Il existe plusieurs sous-catégories officielles (C1-a, C1-b, C1-c, C1-d, C2, C3, C4, C5, C9, C10, C12) avec des critères très précis.

Les sous-catégories C1 : critères techniques essentiels

La C1-a concerne les armes d’épaule semi-automatiques tirant des projectiles de diamètre inférieur à 20 mm, limitées à 3 munitions sans réapprovisionnement. La C1-b, elle, autorise jusqu’à 11 munitions pour les armes à répétition manuelle. La C1-d, ce sont les fusils à pompe à canon lisse, avec des critères stricts : calibres 8 à 410, capacité maximale de 5 scatti, longueur totale supérieure à 80 cm et canon dépassant 60 cm, crosse fixe obligatoire.

Les armes neutralisées, d’alarme et à air comprimé

La C9 regroupe les armes de catégories A, B ou C rendues inaptes au tir. La C12 rassemble les armes d’alarme et de signalisation. Quant aux armes à air comprimé, elles basculent en catégorie C dès que leur énergie à la bouche atteint ou dépasse 20 joules. En dessous, elles restent en catégorie D.

Conditions d’acquisition et démarches pour posséder une arme de catégorie C

Premier point non négociable : il faut être majeur pour acheter une arme de catégorie C. Exception prévue par la loi : un mineur de plus de 16 ans peut en détenir une s’il possède l’autorisation parentale et un permis de chasse ou une licence sportive valide (tir, ball-trap, biathlon) délivrée par une Fédération sportive française ayant reçu délégation ministérielle. Entre 12 et 16 ans, seule la licence sportive suffit, pas le permis de chasse.

Deuxième condition : ne pas figurer au FINIADA (Fichier National des Interdits d’Acquisition et de Détention d’Armes) et avoir un casier judiciaire (bulletin n°2) vierge d’infractions graves comme le meurtre, les violences volontaires ou le trafic de stupéfiants. Le comportement de l’acquéreur est aussi évalué.

Pour la majorité des armes C, il faut justifier d’un permis de chasse, d’une licence sportive ou d’une carte de collectionneur en cours de validité. Pour les C3, C9 et C12 uniquement, une alternative existe : un certificat médical datant de moins d’un mois, attestant que l’état de santé physique et psychique est compatible avec la détention.

Le compte SIA, passage obligé pour tous

Depuis quelques années, impossible d’acheter une arme catégorie C sans avoir créé son compte sur le SIA (Système d’Information sur les Armes). Pour l’ouvrir, il faut fournir une pièce d’identité, un justificatif de domicile, et selon votre profil : permis de chasse ou licence de tir en cours. Un numéro SIA vous est attribué à vie. Je le répète à tous mes clients : notez-le précieusement, vous en aurez besoin à chaque passage en armurerie.

Une fois l’achat effectué chez un armurier ou un courtier agréé (la vente directe entre particuliers sans professionnel est interdite depuis l’article L. 313-5 du Code de la sécurité intérieure), l’arme apparaît dans votre râtelier numérique. Vous avez 5 jours pour confirmer l’achat en ligne, sinon la validation se fait automatiquement.

Pour les collectionneurs, la procédure diffère légèrement : dossier papier comprenant le formulaire cerfa n°12650, copie de pièce d’identité et carte de collectionneur, transmis à la préfecture par l’armurier.

Conservation à domicile : les règles à respecter

Une arme de catégorie C se stocke obligatoirement selon l’une des modalités suivantes :

  1. Dans un coffre-fort ou une armoire forte adaptés
  2. Par démontage d’un élément rendant l’arme immédiatement inutilisable, conservé séparément
  3. Par tout dispositif empêchant l’enlèvement (câble dans le pontet, enchaînement sur râtelier)

Les munitions doivent impérativement être rangées à part, dans des conditions interdisant l’accès libre. Seules les armes neutralisées (C9) échappent à ces obligations.

Sanctions et différences entre catégories : ce qu’il faut retenir avant tout achat

Voici un tableau comparatif des sanctions selon les infractions liées aux armes de catégorie C :

Reato Peine d’emprisonnement Amende maximale
Détention sans déclaration 2 ans maximum 30 000 €
Infraction en bande organisée 7 ans maximum 100 000 €
Transformation sans agrément Contravention 1 500 €
Modification de catégorie 5 ans 75 000 €

Des peines complémentaires peuvent s’ajouter : interdiction de détenir une arme pendant 5 ans maximum, confiscation, ou retrait du permis de chasse. Pour les armes illégales en France, les sanctions sont encore plus sévères, notamment pour la catégorie A qui expose à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.

Un dernier conseil d’armurier : si vous envisagez d’ajouter une lunette ou un bipied à votre arme, sachez que c’est autorisé, à condition de ne pas modifier les caractéristiques essentielles de l’arme. Toute transformation changeant sa catégorie, c’est une affaire pénale. Pour aller plus loin sur la terminologie, consultez le wiki armi.

Lascia un commento