Chasseurs en gilets orange réunis en forêt avec chiens

Damien

Règles de sécurité en chasse en battue : guide essentiel

Resumen del artículo

La battue est la chasse la plus festive mais aussi la plus accidentogène, avec 50% des accidents au large gibier. Voici les règles essentielles de sécurité à respecter rigoureusement.

  • Avant la battue : réunion obligatoire avec le responsable, signalisation routière (panneaux AK14) et port du gilet orange permanent pour tous
  • À son poste : définir un angle de tir de 30° garantissant la sécurité des voisins, jamais ne tirer ni manipuler l’arme dans cet angle
  • Charger l’arme seulement au signal de début, canon vers le sol, en dehors des 30°. Index jamais sur la détente avant épaulement
  • Tir fichant obligatoire (debout ou en mirador), jamais assis ni à genoux, sans identification formelle du gibier
  • Sanglier : responsable de 69% des accidents malgré 49% des prélèvements. Ne jamais suivre l’animal au canon et basculer dans les 30°

La moitié des accidents qui surviennent lors des actions de chasse au large gibier se produisent pendant une battue. Ce chiffre, documenté par l’Office français de la biodiversité, m’interpelle à chaque fois qu’un client franchit la porte de mon armurerie avec l’œil brillant du premier septembre. La battue, c’est la chasse la plus conviviale, la plus festive, mais aussi celle qui réclame la plus grande rigueur. Alors, quelles sont les règles de sécurité en chasse en battue ? Je vais tout vous expliquer, sans jargon inutile.

Ce que vous devez faire avant même d’épauler votre arme

Avant la moindre traque, une réunion obligatoire rassemble tous les participants : c’est le rond de départ. Le responsable de battue y explique le dispositif, les espèces chassées et surtout les consignes de sécurité. Chaque participant signe le carnet de battue. Ce n’est pas une formalité administrative ennuyeuse, c’est une protection pour tout le monde, y compris le responsable : si les consignes n’ont pas été données et qu’un accident survient, sa responsabilité est automatiquement engagée. En cas d’absence, il peut déléguer son rôle via un formulaire officiel de délégation.

La signalisation routière est également obligatoire avant tout commencement. L’OFB préconise des panneaux réglementaires de type AK14 (danger temporaire), complétés éventuellement par un panonceau KM9 ou KM2. Ces panneaux se posent le matin et se retirent dès la fin de la chasse. Rien de plus frustrant que de croiser un promeneur surpris, qui n’avait aucune idée que vous chassiez dans ce bois.

Ensuite vient la question du gilet. Port obligatoire, pour tout le monde, armé ou non. L’OFB recommande la couleur orange, bien plus visible en milieu ouvert que le jaune. J’ai vu des chasseurs enfiler un imperméable sombre par-dessus leur veste orange par temps de pluie : c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. La visibilité doit être permanente.

Le comportement à adopter à son poste

Dès l’arrivée au poste, le posté repère ses voisins de ligne et se fait voir d’un signe franc de la main. On ne suppose pas, on vérifie. Puis on définit son angle de tir. Voici la méthode officielle, simple et efficace :

  1. Se placer au centre de son poste.
  2. Effectuer 5 pas en direction du voisin de poste le plus en retrait (ou vers un élément à protéger : route, habitation…).
  3. Faire 3 pas perpendiculairement dans la direction de fuite du gibier.
  4. Planter un repère (bâton, piquet de battue).
  5. Reproduire la même opération de l’autre côté.

Cet angle de 30° garantit la sécurité des voisins. On ne tire jamais dans cet angle, on n’y manipule pas son arme. La règle est absolue. Les paysages entrant dans ce calcul incluent aussi les routes, chemins publics, habitations, voies ferrées, lignes électriques. Rien ne doit être oublié.

Chargement et manipulation de l’arme

On rejoint son poste avec l’arme sécurisée : ouverte et non approvisionnée. Pour un fusil basculant, l’arme est ouverte ; pour une carabine à verrou, la culasse est en arrière ; pour une arme semi-automatique, la culasse est ostensiblement ouverte. Le chargement n’intervient qu’au signal de début de battue, canon vers le sol, dans la zone de tir, en dehors des 30°. Avant de charger, vérifiez toujours que le canon n’est pas obstrué.

L’index ne touche jamais la queue de détente avant l’épaulement. Tous les doigts restent derrière le pontet. Au signal de fin de battue, l’arme est immédiatement déchargée. Personne ne quitte son poste avant ce signal, même pour achever un animal blessé : ce travail revient aux chiens de sang.

Une précision sur les armes semi-automatiques : elles ne sont pas interdites, mais leur usage en groupe réclame des précautions renforcées. Toujours canon vers le ciel, culasse ostensiblement ouverte en déplacement. Ce n’est pas l’arme qui est dangereuse, c’est l’usage qu’on en fait.

Sanglier, tir fichant et positions à proscrire

69% des accidents lors des chasses au grand gibier concernent le sanglier, alors qu’il ne représente que 49% des prélèvements. Le chevreuil, lui, représente 46% des prélèvements pour seulement 25% des accidents. Ce paradoxe s’explique par la fièvre du sanglier : l’excitation fait perdre la tête, on suit l’animal du canon et on bascule dans l’angle des 30°. Aucun sanglier, même celui de votre vie, ne vaut de mettre autrui en danger.

La position de tir est capitale. En poste au sol, on ne tire jamais assis ni à genoux : le tir doit être fichant. Les miradors sont fortement recommandés. On ne tire jamais à travers une haie, jamais sans identification formelle du gibier, jamais en direction d’une habitation, d’une route ou d’un chemin public. Le tir en direction de la traque reste exceptionnel et, lorsqu’il est autorisé, se limite à 10 mètres maximum, avec une seule balle.

Réglementation, permis et sanctions

La loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019 a instauré trois règles nationales obligatoires reprises dans tous les schémas départementaux de gestion cynégétique (SDGC). Ces schémas, valables 6 années, sont élaborés par les Fédérations départementales des chasseurs et approuvés par le Préfet. Leur non-respect constitue une contravention de 4e classe.

Depuis le 15 octobre 1982, suite à une jurisprudence du tribunal administratif de Rennes, le ministre Gaston Defferre a renforcé les dispositions de sécurité dans chaque département, notamment l’interdiction de tirer dans un rayon de 150 mètres autour des habitations.

Côté permis : le Directeur général de l’OFB peut le suspendre jusqu’à 6 mois en cas de mise en danger d’autrui, et jusqu’à 1 an en cas d’homicide involontaire. Une remise à niveau obligatoire tous les 10 ans est désormais instaurée. Les accidents ont baissé de 50% en dix ans grâce aux efforts conjugués de l’ONCFS (aujourd’hui OFB) et des fédérations. Mais une donnée me préoccupe : ce sont les chasseurs de plus de 62 ans qui n’ont jamais passé l’examen pratique, instauré seulement en 1976, qui représentent le groupe le plus accidentogène. L’expérience engendre quelquefois des automatismes dangereux.

Pour consulter les règles spécifiques à votre territoire, rapprochez-vous de votre fédération départementale ou de la préfecture. Les 30 correspondants régionaux du réseau sécurité à la chasse de l’OFB sont aussi là pour accompagner chasseurs et organisateurs. Utilisez-les.

Pour aller plus loin sur le vocabulaire et le fonctionnement des armes, consultez le wiki de armas.

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