L’essentiel à retenir : La Marine nationale constitue une force navale complète et autonome, articulée autour de la dissuasion nucléaire et du groupe aéronaval. Cette polyvalence garantit la souveraineté française et une capacité d’intervention immédiate sur l’ensemble du globe. Elle déploie aujourd’hui 116 bâtiments de combat et de soutien de plus de 150 tonnes.
Identifier la totalité des moyens de la flotte marine nationale exige de distinguer les multiples unités opérant sur et sous les mers. Ce dossier technique catalogue l’ensemble des navires, du porte-avions nucléaire aux patrouilleurs, pour offrir un panorama exhaustif de la puissance navale actuelle. L’analyse des équipements et des missions met en lumière l’organisation stratégique assurant la défense des intérêts français.
- La force de frappe sous-marine : dissuasion et attaque
- La projection de puissance : le groupe aéronaval et amphibie
- Les frégates : épine dorsale de la force de surface
- La surveillance et le contrôle des espaces maritimes
- Le soutien logistique et les missions de service public
- La flotte en chiffres : un aperçu complet des capacités navales
- Déploiement géographique : où sont basées les forces navales françaises ?
- Le futur de la flotte : renouvellement et programmes à venir
La force de frappe sous-marine : dissuasion et attaque
Après avoir eu un aperçu général, il est temps d’examiner les composantes de la flotte marine nationale en commençant par son atout le plus stratégique : sa force sous-marine.
Le pilier de la dissuasion nucléaire : les SNLE
Les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) incarnent la composante océanique de la dissuasion nucléaire française. Ces monstres de technologie, appartenant à la classe Le Triomphant, sont opérés par la Force Océanique Stratégique (FOST) avec une rigueur absolue.
Le principe est simple mais implacable : la permanence à la mer. Au moins un SNLE patrouille constamment, tapi dans l’ombre et indétectable, garantissant à la France une capacité de seconde frappe.
Quatre unités forment ce bouclier invisible : Le Triomphant, Le Téméraire, Le Vigilant et Le Terrible. Ils constituent, sans exagération, le cœur battant de la souveraineté nationale.
Les chasseurs silencieux : les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA)
À côté des géants de la dissuasion, on trouve les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA). Leur mission ? Protéger les SNLE lors de leurs sorties et escorter le groupe aéronaval, tout en menant des opérations de renseignement ou de destruction.
La flotte actuelle vit une transition majeure. Elle mixe les vétérans de la classe Rubis (Améthyste, Perle), éprouvés mais vieillissants, avec les nouveaux SNA de classe Suffren, qui marquent un saut technologique massif pour nos capacités.
Leur force réside dans leur discrétion acoustique et leur endurance quasi illimitée. Ce sont des outils de puissance redoutables, capables de frapper sans être vus.
- Classe Rubis (en fin de service)
- Classe Suffren (nouvelle génération)
L’organisation des forces sous-marines
Il ne faut pas confondre les rôles. D’un côté, la Force Océanique Stratégique (FOST) gère les SNLE pour la mission vitale de dissuasion. De l’autre, l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque (ESNA) est rattachée à la Force d’Action Navale.
Cette distinction se retrouve géographiquement. Ces forces sont réparties entre deux bases navales stratégiques : L’Île Longue pour les SNLE et Toulon pour les SNA, assurant une séparation claire et sécurisée des missions.
La Force Océanique Stratégique assure la permanence de la dissuasion nucléaire, garantissant la protection des intérêts vitaux de la France depuis les profondeurs des océans, en toute discrétion.
Le sanctuaire de l’Île Longue
Située dans la rade de Brest, la base de l’Île Longue est le port d’attache exclusif des SNLE français. C’est un site au niveau de sécurité maximal, impénétrable pour le commun des mortels.
Ce lieu est entièrement dédié au maintien en condition opérationnelle des sous-marins de la dissuasion. Tout s’y passe, de l’assemblage délicat des missiles à la maintenance lourde des navires entre deux patrouilles.
C’est ici que se joue la crédibilité technique de la posture de défense française. Pour comprendre comment elle s’intègre aux grandes forces organiques, il faut voir ce site comme un pivot central.
La projection de puissance : le groupe aéronaval et amphibie
Au-delà de la dissuasion sous-marine, la capacité de la France à intervenir à l’étranger repose sur des navires de surface emblématiques.
Le porte-avions Charles de Gaulle, pièce maîtresse
Le Charles de Gaulle n’est pas qu’un simple bâtiment, c’est l’unique porte-avions de la Marine nationale et son navire amiral incontesté. Sa propulsion nucléaire change la donne tactique en lui offrant une autonomie quasi illimitée, loin des contraintes logistiques classiques.
C’est une véritable base aérienne flottante, conçue pour la projection de puissance brute. Il déploie le groupe aérien embarqué, une force de frappe constituée de chasseurs Rafale Marine et d’avions de guet aérien essentiels à la maîtrise du ciel.
Ce géant des mers a pour port d’attache l’arsenal militaire de Toulon.
Les porte-hélicoptères amphibies (PHA) : la force de projection
Vous connaissez les « couteaux suisses » de la flotte ? Ce sont les trois Porte-Hélicoptères Amphibies (PHA) de la classe Mistral : le Mistral, le Tonnerre et le Dixmude. Ces outils polyvalents s’adaptent à toutes les crises.
Regardez ce qu’ils encaissent : transport massif de troupes et de blindés, déploiement d’hélicoptères de combat et mise à l’eau d’engins de débarquement. En prime, ils se transforment en hôpital de campagne complet, avec blocs opératoires, si la situation l’exige.
Ils deviennent donc incontournables pour gérer une crise soudaine ou évacuer des ressortissants en urgence.
Le groupe aéronaval (GAN) : un écosystème de combat
Un porte-avions ne sort jamais seul, ce serait du suicide tactique. Il navigue toujours au cœur du groupe aéronaval (GAN), une structure complexe qui démultiplie son efficacité opérationnelle.
Son escorte est musclée : des frégates de défense aérienne pour le ciel, des frégates anti-sous-marines traquant les menaces dans les profondeurs, un sous-marin nucléaire d’attaque en éclaireur et un bâtiment de ravitaillement pour tenir la distance.
Le GAN constitue ainsi une bulle de protection et de puissance totalement autonome.
Les missions du groupe amphibie
Articulé autour d’un PHA, le groupe amphibie a une vocation opérationnelle claire. Il doit projeter une force, hommes et matériel, depuis la mer vers la terre, lors d’opérations militaires de haute intensité ou pour une aide humanitaire d’envergure.
Pour finir le travail, des engins spécifiques complètent ce dispositif naval. Les chalands de débarquement, comme les EDA-R et EDA-S, assurent les rotations vitales entre les soutes du PHA et la plage pour débarquer les véhicules lourds.
Les frégates : épine dorsale de la force de surface
Les frégates de premier rang : une capacité multi-missions
Les frégates de premier rang s’imposent comme les navires de combat les plus puissants de la flotte, juste après le porte-avions. Ces bâtiments constituent l’ossature principale de la force navale française. Leur déploiement garantit la maîtrise des espaces aéro-maritimes contestés.
La Marine distingue deux types majeurs pour ces opérations complexes. Les frégates de défense aérienne de classe Horizon assurent la protection antiaérienne d’une flotte entière. Les frégates multi-missions (FREMM) offrent quant à elles une polyvalence accrue. Elles remplacent progressivement les anciennes classes.
Les FREMM possèdent des spécialisations distinctes pour la lutte anti-sous-marine ou la défense aérienne renforcée. Cette modularité optimise leur efficacité opérationnelle.
- Lutte anti-sous-marine
- Défense aérienne de zone
- Escorte du groupe aéronaval
- Frappes contre la terre
Les frégates de classe La Fayette : la furtivité au service de la souveraineté
La flotte compte cinq frégates légères furtives de la classe La Fayette. Leur architecture intègre des formes planes et des matériaux composites spécifiques. Ce design caractéristique vise à réduire drastiquement leur signature radar face aux détections ennemies. Elles agissent souvent comme éclaireurs.
Ces unités gèrent principalement les crises de basse intensité loin de la métropole. Elles assurent une surveillance constante des espaces maritimes stratégiques. La lutte contre les trafics illicites constitue une part majeure de leur activité opérationnelle. Elles participent aussi aux missions humanitaires.
Les frégates de surveillance : des gardiens pour les outre-mer
Six frégates de surveillance de la classe Floréal complètent le dispositif naval actuel. Elles sont spécifiquement conçues pour opérer dans les vastes zones économiques exclusives françaises outre-mer. Leur construction aux standards civils permet une grande endurance à la mer. Elles stationnent hors de métropole.
Leurs missions quotidiennes incluent la police des pêches et la lutte contre le narcotrafic. Elles assurent également la surveillance de la navigation commerciale régionale. L’assistance aux populations en cas de catastrophe naturelle relève aussi de leurs compétences. C’est un outil de souveraineté essentiel.
La complémentarité des différentes classes de frégates
L’organisation de la flotte repose sur une complémentarité stricte entre ces navires. Les FDA et FREMM se concentrent sur le combat de haute intensité. Elles protègent les unités précieuses comme les sous-marins nucléaires.
Les FLF permettent des interventions ciblées et maintiennent une présence discrète en zone sensible. Les Floréal surveillent les immenses espaces ultramarins à moindre coût. Chaque classe occupe un segment précis du spectre opérationnel.
Cette diversité structurelle permet à la Marine nationale de s’adapter à un large spectre de menaces. Elle couvre tout l’éventail, du combat naval pur à l’action de l’État en mer. La flotte répond ainsi aux enjeux contemporains.
La surveillance et le contrôle des espaces maritimes
La puissance navale ne se résume pas aux grands bâtiments de combat. Elle repose tout autant sur des unités plus modestes, dont l’absence rendrait impossible le contrôle effectif du territoire maritime.
Les patrouilleurs : une présence affirmée sur toutes les mers
En patrouilleurs maintiennent une surveillance constante des eaux, bien qu’ils soient plus légers que les frégates. Ils sont pourtant indispensables. On distingue les patrouilleurs de haute mer, comme les ex-avisos classe d’Estienne d’Orves. Les autres unités opèrent depuis l’outre-mer.
Cette flotte évolue avec les Patrouilleurs Outre-mer (POM) de classe Félix Éboué. Ces navires modernes remplacent les anciennes générations. Ils modernisent cette capacité d’action.
Leur mission consiste à affirmer la souveraineté nationale. Ils font respecter la loi dans la ZEE française.
La guerre des mines : une capacité discrète mais fondamentale
La guerre des mines reste vitale pour la sécurité navale globale. Elle garantit la liberté de circulation dans les chenaux stratégiques. C’est une condition absolue pour la sécurité des approches maritimes des ports français, notamment pour les SNLE.
La Marine engage les chasseurs de mines tripartites (CMT) de classe Éridan sur ce front. Elle utilise aussi des bâtiments remorqueurs de sonars (BRS). Les groupes de plongeurs-démineurs opèrent depuis leurs bâtiments-bases (BBPD) pour neutraliser les menaces.
Les bâtiments spécialisés dans la collecte de renseignement
Les navires de renseignement procurent un avantage tactique majeur. Le Dupuy-de-Lôme, bâtiment de recherche électromagnétique (BREM), se consacre à cette tâche. Il est conçu pour l’interception des communications. Il capte et analyse également les signaux radar.
Le bâtiment d’essais et de mesures (BEM) Monge complète ce dispositif technique unique. Il s’avère essentiel pour le suivi des tirs de missiles balistiques. Il traque aussi les trajectoires satellitaires avec précision.
Le rôle de la Gendarmerie maritime
La Gendarmerie maritime possède un statut particulier au sein des forces. C’est une formation de la Gendarmerie nationale. Elle opère pourtant des moyens navals sous le contrôle opérationnel de la Marine.
Ses équipes effectuent des missions de police judiciaire et de sûreté maritime et portuaire. Le sauvetage en mer constitue une autre priorité. Ces tâches sont réalisées par des patrouilleurs côtiers (PCG) et des vedettes.
Le soutien logistique et les missions de service public
Une flotte de combat ne peut opérer sans une chaîne logistique robuste et des navires dédiés à des missions non-combattantes mais tout aussi vitales.
Le ravitaillement à la mer : l’autonomie stratégique
Le ravitaillement à la mer constitue la clé de voûte de l’endurance navale. Cette manœuvre complexe permet aux navires de recompléter leurs soutes en carburant et munitions sans escale. La flotte maintient ainsi sa présence opérationnelle durablement. Peu de marines maîtrisent cette capacité.
Cette mission repose sur le BCR Somme et la nouvelle classe des Bâtiments Ravitailleurs de Forces (BRF). Le Jacques Chevallier, premier de série, incarne ce renouveau capacitaire avec sa double coque. Ces géants de 31 000 tonnes remplacent les anciens pétroliers. Ils assurent le soutien vital du groupe aéronaval.
Les bâtiments de soutien sont les garants de l’autonomie de nos forces navales, leur permettant d’opérer loin et longtemps sur toutes les mers du globe, projetant la puissance française.
Les bâtiments de soutien et d’assistance : les couteaux suisses de la flotte
Les bâtiments de soutien et d’assistance se distinguent par leur extrême polyvalence opérationnelle. Ces unités agissent comme de véritables plateformes multi-missions. Elles répondent efficacement à des besoins logistiques très variés.
On distingue les BSAM de classe Loire, basés en métropole, des BSAOM de classe d’Entrecasteaux déployés outre-mer. Leurs capacités incluent le remorquage de haute mer et le sauvetage maritime. Ils assurent aussi le soutien aux plongeurs. Ces navires robustes interviennent dans des conditions difficiles.
Ces unités jouent aussi un rôle majeur dans la lutte anti-pollution côtière. Elles garantissent la souveraineté sur nos zones économiques.
Les navires hydrographiques et océanographiques
Le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (Shom) exploite une flotte spécialisée essentielle. Ses navires cartographient méthodiquement les fonds marins pour sécuriser la navigation générale. Ces données environnementales servent directement les opérations de défense sous-marine. Connaître l’océan reste un impératif stratégique absolu pour nos sous-marins.
Le navire Pourquoi pas? illustre parfaitement cette excellence technologique française. Opéré conjointement avec l’Ifremer, ce laboratoire flottant mène des recherches en eaux profondes. Il déploie des robots sous-marins pour explorer les abysses. C’est un outil scientifique de premier plan.
Les bâtiments-écoles : former les marins de demain
Les bâtiments-écoles demeurent indispensables à la formation pratique des futurs officiers et matelots. À bord, les élèves de l’École navale confrontent la théorie aux réalités de la mer. L’apprentissage de la navigation y est rigoureux. C’est là que se forge le pied marin.
La flotte allie tradition avec les goélettes comme l’Étoile et la Belle Poule. Par ailleurs, les navires modernes VN Partisan et Rebel complètent cet apprentissage technique. Ces plateformes permettent aux futurs marins de s’aguerrir. Ils y maîtrisent la manœuvre en équipage constitué.
La flotte en chiffres : un aperçu complet des capacités navales
Composition globale de la flotte
La Marine nationale aligne environ 116 bâtiments de plus de 150 tonnes actuellement en service actif. Ce volume global se divise principalement en deux catégories distinctes. On dénombre près de 79 unités dédiées au combat naval. Le reste constitue la flotte de soutien avec environ 37 navires.
Une donnée marque la puissance de cette armada : la moitié des unités excède les 1000 tonnes. Cette caractéristique majeure classe la flotte française parmi les marines de premier rang mondial. Elle garantit une présence significative sur les mers.
Tableau récapitulatif des principaux bâtiments en service
Le tableau ci-dessous propose une synthèse structurée des principales classes de navires opérées par la Marine. Il permet d’identifier rapidement les moyens engagés.
Cette vue d’ensemble détaille les capacités opérationnelles par type de mission. Elle précise le nombre d’unités actives pour chaque catégorie. Les ports d’attache principaux y sont également indiqués pour situer le déploiement.
| Classe du navire | Type (Code OTAN) | Nombre | Tonnage approximatif | Port(s) d’attache principal(aux) |
|---|---|---|---|---|
| Charles de Gaulle | Porte-avions (R91) | 1 | 42 500 t | Toulon |
| Classe Mistral | PHA (L9013) | 3 | 21 500 t | Toulon |
| Classe Le Triomphant | SNLE | 4 | 14 300 t | Île Longue |
| Classe Suffren | SNA | 3 (+3) | 5 300 t | Toulon |
| Classe Rubis | SNA | 2 | 2 600 t | Toulon |
| Classe Horizon | FDA (D) | 2 | 7 000 t | Toulon |
| Classe Aquitaine (FREMM) | Frégate (D) | 8 | 6 000 t | Brest, Toulon |
| Classe La Fayette | Frégate (F) | 5 | 3 600 t | Toulon |
| Classe Floréal | Frégate (F) | 6 | 2 950 t | Outre-mer |
| Classe Jacques Chevallier | BRF (A) | 2 (+2) | 31 000 t | Toulon |
Source : liste officielle des navires.
Analyse du tonnage et du personnel
Le tonnage global de la flotte marine nationale avoisine les 404 000 tonnes, un indicateur de puissance brute. Ce volume la positionne solidement au sein des premières marines mondiales. Cette masse critique permet de projeter des forces sur tous les océans. La France maintient ainsi son statut de puissance navale globale.
Ces équipements sophistiqués nécessitent une force humaine hautement qualifiée pour fonctionner. Environ 41 000 personnes, civils et militaires confondus, arment ces navires au quotidien. Ils assurent également le soutien logistique indispensable depuis la terre. Cette ressource humaine garantit l’efficacité opérationnelle.
Déploiement géographique : où sont basées les forces navales françaises ?
Ces navires ne sont pas éparpillés au hasard. Leur positionnement obéit à une mécanique stratégique rigoureuse, s’articulant autour de bastions navals majeurs en métropole et de relais indispensables outre-mer.
Toulon, premier port militaire de Méditerranée
Véritable poumon de la flotte, Toulon concentre la puissance de feu majeure de la Marine nationale. Cette base abrite le groupe aéronaval, les groupes amphibies et les redoutables sous-marins nucléaires d’attaque, représentant plus de 60 % du tonnage global.
Sa localisation n’est pas un accident géographique. Elle place les forces françaises aux premières loges de la Méditerranée, face aux zones de tensions récurrentes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
C’est d’ailleurs ici que stationne la majeure partie des frégates de premier rang, prêtes à l’action immédiate.
Brest, la porte de l’Atlantique
Sur la façade ouest, Brest s’impose comme le grand port militaire atlantique. C’est le siège névralgique de la préfecture maritime de l’Atlantique et, surtout, le centre de commandement de la Force Océanique Stratégique.
La base joue un rôle vital : elle gère le commandement des SNLE basés à l’Île Longue et accueille une escadre de FREMM spécifiquement équipées pour la lutte anti-sous-marine.
Sa mission prioritaire reste la surveillance constante de l’Atlantique Nord, un théâtre d’opérations vaste et complexe.
Cherbourg et la façade de la Manche
Troisième pilier naval de la métropole, Cherbourg occupe une position clé. Sa mission se focalise sur la surveillance de la Manche, un couloir maritime où transite l’un des trafics commerciaux les plus denses de la planète.
Le site se distingue par son expertise pointue dans la guerre des mines. Il assure également un soutien technique indispensable aux sous-marins, supervisant aussi bien leur construction que leur maintenance lourde.
Les points d’appui stratégiques en outre-mer
Sans ces bases, contrôler la deuxième ZEE mondiale serait impossible. Les implantations aux Antilles, en Guyane, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie assurent la souveraineté française sur ces immenses espaces maritimes.
Ces ports accueillent des unités adaptées à l’éloignement, principalement des frégates de surveillance type Floréal et des patrouilleurs modernes comme la classe La Confiance ou les nouveaux POM.
Ce maillage garantit une capacité d’intervention rapide et autonome dans toutes les régions du globe.
Le futur de la flotte : renouvellement et programmes à venir
La flotte actuelle est le fruit de décennies d’investissements, mais pour maintenir son rang, la Marine nationale est engagée dans une profonde phase de modernisation.
Le renouvellement de la composante sous-marine
Le programme des SNA de classe Suffren marque une rupture technologique majeure en remplaçant progressivement la classe Rubis. Ces bâtiments offrent une discrétion acoustique inédite et intègrent désormais la capacité de tirer des missiles de croisière navals vers la terre.
L’enjeu stratégique se porte ensuite sur les SNLE de 3ème génération (SNLE 3G). Ces mastodontes de 15 000 tonnes succéderont à la classe Le Triomphant dès la décennie 2030 pour assurer la permanence à la mer.
Cet effort colossal vise un objectif unique : garantir la pérennité de la dissuasion nucléaire française pour le demi-siècle à venir.
Les futurs visages de la flotte de surface
En Frégates de Défense et d’Intervention (FDI) incarnent le renouveau du premier rang. Ces navires de 4 500 tonnes, appelés à remplacer les La Fayette, misent sur une architecture numérique native et une polyvalence totale pour affronter les menaces.
La surveillance des espaces maritimes n’est pas en reste avec la poursuite du programme de Patrouilleurs Océaniques (PO) et de Patrouilleurs Outre-mer (POM). Ces unités modernisent radicalement les moyens de protection des zones économiques exclusives face aux tensions croissantes.
- Frégates de Défense et d’Intervention (FDI).
- Patrouilleurs Océaniques (PO).
- Porte-avions de nouvelle génération (PANG).
- SNLE de 3ème génération (SNLE 3G).
Le porte-avions de nouvelle génération (PANG)
Le projet de Porte-Avions de Nouvelle Génération (PANG) prépare la succession du Charles de Gaulle à l’horizon 2038. Ce chantier titanesque ne se contente pas de remplacer l’existant ; il opère un véritable changement d’échelle capacitaire.
Bien plus imposant avec ses 78 000 tonnes, ce géant à propulsion nucléaire est taillé pour mettre en œuvre le futur avion de combat (SCAF). Il assurera la projection de puissance française avec une autonomie quasi illimitée.
La modernisation de la logistique et du soutien
La projection de force repose sur la modernisation de la flotte de soutien. Le programme des Bâtiments Ravitailleurs de Forces (BRF) devient central pour ravitailler en haute mer les groupes navals et accompagner les opérations lointaines.
La guerre des mines évolue aussi avec le système SLAM-F, remplaçant les chasseurs actuels par des drones autonomes. Ce renouvellement global inclut également les flottes hydrographiques et les patrouilleurs, comme détaillé dans les programmes de renouvellement majeurs.
La Marine nationale s’impose comme une force océanique complète, structurée autour de la dissuasion nucléaire et du groupe aéronaval. Forte de plus de 100 bâtiments de combat et de soutien déployés mondialement, elle garantit la souveraineté maritime française. Les programmes de modernisation actuels, des sous-marins au futur porte-avions, assurent le maintien de ces capacités stratégiques sur le long terme.
FAQ
Quel est le nombre de navires actuellement en service dans la Marine nationale ?
La flotte française compte environ environ 116 bâtiments de surface d’un déplacement supérieur à 150 tonnes. Cet ensemble regroupe à la fois les unités engagées dans les opérations militaires et celles dédiées à la logistique.
La répartition s’établit principalement entre 79 bâtiments de combat (frégates, sous-marins, patrouilleurs) et 37 bâtiments de soutien (ravitailleurs, remorqueurs, navires hydrographiques). Il est notable que la moitié de ces unités dépasse les 1 000 tonnes, conférant à la France une capacité d’action océanique et hauturière majeure.
Quel est le plus grand bâtiment de la flotte française ?
Le navire le plus imposant de la Marine nationale est le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle, affichant un déplacement de 42 500 tonnes en charge. Il mesure 261 mètres de long et constitue le navire amiral de la flotte.
Unique bâtiment de ce type en Europe continentale, il est équipé de deux chaufferies nucléaires assurant une grande autonomie. Sa fonction est de projeter le groupe aérien embarqué (Rafale Marine, E-2C Hawkeye) sur n’importe quel théâtre d’opérations. Il sera remplacé à l’horizon 2038 par le Porte-Avions de Nouvelle Génération (PANG), prévu pour atteindre 75 000 tonnes.
Comment se caractérise la puissance navale de la France ?
La puissance maritime française se distingue par sa capacité à couvrir l’ensemble du spectre des opérations navales, de la dissuasion nucléaire à la protection des zones économiques. Elle se classe parmi les premières marines mondiales.
Cette puissance repose sur des atouts stratégiques rares : une force sous-marine nucléaire autonome (SNLE et SNA), un groupe aéronaval projetable et des porte-hélicoptères amphibies. La présence de bases navales réparties sur tous les océans permet également à la France de contrôler la deuxième plus grande zone économique exclusive (ZEE) au monde.
Comment sont organisées les différentes forces de la Marine ?
La Marine nationale ne constitue pas une entité monolithique mais s’articule autour de quatre grandes forces organiques spécialisées. Cette structure permet une gestion optimisée des ressources humaines et matérielles selon le type de mission.
Ces composantes sont la Force d’Action Navale (FAN) qui gère les bâtiments de surface, la Force Océanique Stratégique (FOST) responsable des sous-marins et de la dissuasion, l’Aéronautique navale (AVIA) pour les aéronefs embarqués et basés à terre, et enfin la Force des Fusiliers Marins et Commandos (FORFUSCO) pour les opérations spéciales et la protection des sites.


