L’article en bref
Le Vieux Fusil (1975) de Robert Enrico a été tourné dans le Sud-Ouest français, principalement en Tarn-et-Garonne.
- Bruniquel : le cœur du film avec ses châteaux des XIIe et XVe siècles, où Robert Enrico a planté sa caméra pour les scènes intenses. Une exposition permanente y est consacrée aujourd’hui.
- Bonaguil (Lot-et-Garonne) : les souterrains et le pont-levis du film y ont été tournés, avec photos exposées dans le donjon.
- Penne (Tarn) : village complémentaire formant un puzzle géographique au service du cinéma.
- Anecdotes mémorables : une scène d’incendie spectaculaire, des soldats allemands si réalistes qu’un habitant les a pris pour vrais, et 620 figurants locaux mobilisés.
- Visite aujourd’hui : les châteaux accueillent environ 33 000 visiteurs annuels, avec exposition permanente et découverte de la grotte de Bruniquel datée de 176 000 ans.
Il y a des films qui marquent une région pour toujours. Le Vieux Fusil, sorti en 1975, fait partie de ceux-là. Ce chef-d’œuvre de Robert Enrico a laissé des traces profondes dans trois villages du Sud-Ouest de la France — et croyez-moi, en tant qu’armurier passionné d’histoire, je me suis penché sérieusement sur ce tournage extraordinaire. Voilà ce que j’ai trouvé.
Où a été tourné le vieux fusil : les lieux principaux du tournage
La réponse courte ? Le Tarn-et-Garonne. Mais c’est bien plus riche que ça. Le tournage du Vieux Fusil s’est appuyé sur trois villages complémentaires pour reconstituer le décor du château et de ses alentours : Bruniquel, Bonaguil et Penne.
Bruniquel, le cœur du film
Bruniquel, c’est un village de 610 à 620 habitants niché à 30 kilomètres de Montauban. Petit par la taille, immense par le caractère. Ses châteaux, datant des XIIe et XVe siècles, constituent la pièce maîtresse du décor. C’est là que Robert Enrico a planté sa caméra pour les scènes les plus intenses du film.
Pourquoi ce choix ? La raison est personnelle. La mère du réalisateur avait vécu la guerre dans cette région, en zone libre, et son grand-père était un responsable notable de la Résistance. La famille s’était réfugiée à Montauban sous une fausse identité. Ce n’est pas un hasard géographique — c’est un choix du cœur. L’équipe avait d’abord cherché du côté de Cahors, sans succès, avant de découvrir finalement Bruniquel.
Aujourd’hui, une exposition permanente consacrée au film est présentée dans une pièce des châteaux. Les châteaux de Bruniquel et celui de Bonaguil cumulent ensemble environ 33 000 visiteurs par an. Les ruelles, le fameux puits (qui était un faux, fabriqué pour le film !) et les décors subsistent toujours. Parfait pour un pèlerinage cinéphile.
Bonaguil et Penne, les décors complémentaires
Le château de Bonaguil, en Lot-et-Garonne, a lui aussi joué un rôle notable. Les souterrains du film y ont été tournés. Une photo de la scène du pont-levis est exposée dans le donjon — une belle surprise pour les visiteurs qui ne s’y attendent pas forcément.
Penne, dans le Tarn, intégrale ce trio de villages. Ces trois communes réunies ont permis de composer un décor cohérent et crédible, impossible à trouver en un seul endroit. Un vrai puzzle géographique au service du cinéma.
| Lieu | Département | Scènes tournées |
|---|---|---|
| Bruniquel | Tarn-et-Garonne | Château principal, ruelles, puits |
| Bonaguil | Lot-et-Garonne | Souterrains, pont-levis |
| Penne | Tarn | Décors complémentaires |
| Montauban | Tarn-et-Garonne | Premières images, salon incendié |
| Paris (Montparnasse) | Île-de-France | Scène de rencontre à La Closerie des Lilas |
| Biarritz | Pyrénées-Atlantiques | Scène des vacances à la plage |
Un tournage marqué par les anecdotes et l’histoire locale
Ce tournage, je vous le dis franchement, c’était du sport. Pas seulement pour les acteurs, mais pour tout le monde autour.
Des incidents mémorables sur le plateau
La scène d’incendie finale du château dans la cour restera gravée dans les mémoires. L’ingénieur du son a demandé d’arrêter le camion de pompiers — trop de bruit pour la prise de son. Résultat : quelques difficultés à maîtriser les flammes, des dégâts aux volets, et un procès intenté par la propriétaire du château, qui habitait encore dans ses murs ! En tant qu’armurier habitué à gérer des situations délicates, je comprends que même les meilleures préparations ont leurs surprises.
Autre moment savoureux : les acteurs jouant des soldats allemands — recrutés en partie auprès du 17e RGP de Montauban — ont été accueillis un jour par un habitant armé d’un fusil. Le réalisme du tournage avait visiblement trop bien fonctionné. Ça m’a fait sourire, moi qui vois des armes tous les jours dans mon armurerie !
Jean-Paul Belmondo et l’équipe de production
Alain Belmondo assurait la direction de production. Après un accident de voiture survenu au producteur dès les premiers jours, il a repris les rênes du film. Les chefs d’équipe ont accepté de ne pas être payés pendant plusieurs semaines — un acte de solidarité rare. Son frère Jean-Paul Belmondo est venu lui rendre visite sur le tournage. Pas pour jouer, juste pour soutenir. Classe.
Les 620 figurants recrutés localement ont profondément marqué les habitants de la région. Ce film, c’était aussi leur histoire.
Les autres tournages de Bruniquel
Robert Enrico a tellement aimé ce village qu’il y est revenu en 1998 pour tourner Fait d’hiver. Bruniquel lui collait à la peau.
À noter pour les amateurs d’histoire des armes et de patrimoine militaire : si le sujet des armes de collection vous intéresse, vous pouvez consulter notre page sur où voir un Skorpion ou un P38K : musées et collections en France — des pièces de la même époque que celle évoquée dans le film.
Visiter les lieux du film aujourd’hui : ce qu’il faut savoir
Pour les 50 ans du film, les châteaux de Bruniquel ont organisé une série d’événements les 5, 6 et 7 septembre 2025, avec la participation de Jérôme Enrico, fils du réalisateur, et de Jean Achache, l’assistant réalisateur de l’époque. Des visites guidées spéciales étaient proposées aux horaires suivants :
- 10h30 et 11h le matin
- 14h30 et 15h l’après-midi
Bruniquel réserve une autre surprise au visiteur curieux : sa grotte, découverte le 24 février 1990 par le spéléologue Bruno Kowalczewski. Elle abrite une structure composée de plus de 400 stalagmites, datée de 176 000 ans avant Jésus-Christ — la plus ancienne structure humaine connue en milieu souterrain. Fermée au public pour sa préservation, elle devrait devenir accessible grâce à un centre d’interprétation dans les prochaines années. Un village, deux patrimoines extraordinaires.
Si vous préparez une visite, combinez les châteaux de Bruniquel avec Bonaguil et Penne. Trois villages, un seul film, une région entière à étudier.
Sources — wiki des armes


